Jeudi 24 Novembre,
je me souviendrais de cette journée, elle me fait sourire! Jour de grève générale au Portugal... je ne pensais pas qu'elle m'affecterait autant! En effet, je souhaite quitter Lisbonne par le Sud, donc traverser la rivière. J'étais parti sur l'idée de traverser l'un des deux ponts, à savoir que ce sont des autoroutes.
Ça ne m'arrête pas, pas de péage dans mon sens, je tente; à l'embranchement, je réalise qu'il n'y a pas de voie d'urgence, c'est trop dangereux!
Je rebrousse chemin, il me faut trouver un autre moyen. Je demande dans un bar, il y a des ferrys! Bien, je m'y rends mais comme je le craignais, la compagnie fait grève, comme tout les transports en communs de la ville, pas la possibilités de prendre un bus pour traverser le pont non plus!
Je suis piégé, la ville ne veut pas me laisser partir! Je pourrais remonter l'embouchure prendre un pont à pas moins de 30km mais je n'en ai pas le courage et l'heure avance vu que j'ai traîné au matin pour le blog.
Je décide de retourner à l'hôtel, quelle surprise quand la réceptionniste me voit arriver, d'autant plus qu'elle m'avait affirmer que je pouvais prendre les ponts en vélo... Enfin, je suis surtout déçu d'avoir perdu une majeure partie de la journée à tourner dans la ville, j'aurais dû mieux me renseigner et anticiper la grève. Si on peut appeler cela une grève, toutes les terrasses de café étaient bondées sur les quais..! J'aurais préféré passer plus de temps en ville que faire 30km à vélo pour rien!
Je profite tout de même de la fin de journée pour déambuler dans le centre ville. (30km)
Vendredi 25 Novembre,
Enfin la ville me libère de son emprise!
je prends direction du ferry maintenant que je sais où il se trouve et qu'il navigue..!
C'est simple comme bonjour, en 10 minutes je suis de l'autre côté!
Je suis content de pédaler à nouveau, le temps de traverser la zone industrielle et je suis sur une chouette nationale.
Je vois sur ma carte une nouvelle embouchure, je prends un second ferry! Je gagne une cinquantaine de kilomètres dans l'affaire. Je me fais déposer sur un lagune, la route est bordée de barrières, zone protégée tout autour!
| désolé pour les nuages..! |
Samedi 26 Novembre,
Il fait frais ce matin, j'enfile ma double paire de gants les premiers km, le temps de trouver le premier café d'ouvert!
Je roule toute la matinée dans le parc national. Je fais sécher la tente au déjeuner. Je rejoins juste après le littoral, spot de surf et plages de rêves.
Je m'arrête tôt, à 14h30 dans le camping de Porto Covo car je suis toujours entouré du parc national, je ne me risque pas à y camper et pour la logistique habituelle, lessive, vélo..!
C'est une charmante ville, j'y visionne un match de ligue en compagnie des anciens du village, Lisbonne jouant, c'est très enthousiaste dans le bar! (61km)
Dimanche 27 Novembre,
je pars tôt pour finir de traverser le parc!
| bouchon! |
Je laisse Porcinet et arrive à Rogil où j'aperçois de loin un étrange véhicule sur la route...
Ce convoi, c'est Carlos, son poney et ses cinq chiens tractant deux remorques! Il est parti de Montpellier en décembre dernier et a effectué le même trajet pratiquement ville pour ville que moi! Bien qu'il vive en itinérant depuis 1998! Ne vous fiez pas à son allure, c'est un homme très cultivé et d'une sagesse incroyable!
J'engage la conversation, on papote alors qu'il s'arrête donner de l'eau à son cirque. Il est franco-portugais et vous l'aurez compris, c'est un voyageur!
Il compte camper au plus tôt, je lui propose de camper ensemble, en fait il n'osait me le demander! Il ne croise que des voyageurs pressés me dit-il!
Nous posons le campement à côté d'un bâtiment en travaux abandonné, de la magouille immobilière sans doute!
Je suis impressionné par ce personnage, on passe la soirée et une partie de la nuit à discuter, admirer le ciel étoilé et refaire le monde comme on dit. Il lit en moi comme dans un livre avec une telle perspicacité, c'est presque effrayant! Il m'est de très bons conseils sur le voyage entre autre. Ce qui m'étonne, c'est qu'il me trouve bien plus courageux que lui, à partir seul et réaliser mon périple, surtout pour mon âge.
Quelle chance d'avoir pu rencontrer ce monstre de connaissances. En fait, ce n'est pas de la chance, je réfléchis beaucoup depuis cette rencontre, je pense que c'est le voyage tout simplement qui amène naturellement ces rencontres et c'est ce pour quoi je roule. Non pas pour visiter, pour être ici où là, mais bien pour voyager. J'ai réalisé que peu importe la destination, tant que je roule et vis à ce rythme! Dans ma tête, je me vois davantage comme un cyclo-voyageur que comme un cyclo-touriste.
Il se fait tard, et il commence à faire froid une fois la nuit bien posée. On se souhaite une bonne nuit et je gagne ma tente à deux pas après avoir dit bonne nuit à la meute de chiens! Ils m'ont adopté, ils sont friands de caresses!
Je contemple une dernière la nuit étoilée, on a aperçu quelques étoiles filantes. Le plafond étoilé est magnifique, je l'avais remarqué depuis la Galice, on a l'impression que les étoiles sont plus proches, d'être dans un planétarium. J'essaierai de vous en faire une photo, si j'arrive à calibrer comme il faut l'appareil photo! (71km)
(Vous pouvez trouver des articles de presses sur le net parlant de Carlos en tapant "Carlos et ses chiens", il a été pas mal médiatisé, un livre est en cours d'édition, je donnerais la référence dès que j'en saurais plus, il me le faut!)
Lundi 28 Novembre,
Réveillé par l'un des chiens pleurant des caresses! C'est rare qu'ils s'attachent aussi vite à un étranger me dit Carlos. Ça le rassure la réaction de ses chiens, il n'avait jamais camper avec quelqu'un d'autre, il pourra réitérer sans souci.
Je le quitte en milieu de matinée, il me félicite une fois de plus, ça me touche, d'être si courageux et sage dans ce que j'ai entrepris pour mon âge. Je le vois promener ses chiens au loin au son de sa clarinette.
Je passe la matinée et plus à repenser à cette superbe rencontre, j'oublie parfois que je fais du vélo et que je suis sur la route! Je descends sur Aljezur et ptite grimpette pour redescendre sur Lagos. Je termine la journée à proximité de Ferragudo au crépuscule. (68km)
| Lagos |
| Ferragudo |
| le campement, just in time! |
Mardi 29 Novembre,
le trafic matinal me réveille. Je me suis levé dans la nuit, sorti pipi dans mon plus simple apparat en tongues et bonnet, faut pas croiser quelqu'un sinon je crois que je le tue sur place de ridicule!
Je pars à la recherche d'un café, je trouve avant pente à 15%! Damn, on pousse! Ça a le mérite de réchauffer!
Je trouve mon bonheur et traverse l'Algarve, région d'orangers du Portugal.
En traversant les villes bordant ces plages, j'aperçois plusieurs boutiques de souvenirs, je m'arrête à l'une d'entre elles. Je cherche à récupérer des drapeaux ou autocollants des pays que je traverse, cela afin de me démarquer d'un simple touriste, selon l'avis de mon bon Carlos! Je trouve un drapeau portugais chez une marchande, on papote, elle parle français. Elle finit par me l'offrir ainsi que plus de 4kg d'oranges et mandarines et des cartes postales! Elle insiste tellement, je tente de refuser en partie mais en vain!
Je charge comme je peux, surtout que ça prend de la place, cure de vitamines en prévision! J'en oublie presque ce que je cherchais, le drapeau! J'accroche à l'arrière, quelle allure!
Je poursuis et tombe sur une eurovéloroute; je m'étais renseigné sur ces voies préférentielles pour les cyclistes reliant de grandes distances. Mais il est difficile d'avoir des infos à ce sujet sur le net, la plupart n'étant pas terminé, même pour la petite portion empruntée, elle s'arrête et reprend plus loin.
Je traverse rapidement Faro et stoppe après Olhào dans un champ de trèfles. Je suis à moins de 30km de l'Espagne, j'y serais demain! J'ai beaucoup apprécié le Sud du Portugal, que de belles rencontres et du beau temps! C'est encourageant pour la suite! (86km)
Mercredi 30 Novembre,
je quitte tôt le champ de trèfles et ses escargots qui ont élu domicile sur ma toile de tente! J'atteins la frontière espano-portugaise à midi, il me faut une nouvelle fois prendre un ferry pour traverser! Le prochain est à 13h, ça me laisse le temps de casser la croûte et de faire sécher la tente.
| Portugal derrière moi, le voyage continue! |
| l'Espagne à nouveau |
Je sors de la ville, et déjà le paysage évolue, la terre est rouge, calcinée par le soleil. Toujours dans un région d'orangers. "A gauche, des orangers! A droite, des orangers! Devant, la porte d'entrée! Derrière, les sanitaires!" Comprendront les grands érudits du cinéma de goût!
Des cigognes, je l'aperçois ou plutôt l'entend, je ne sais pas si elles claquent leur bec ou leur glotte, c'est spécial! Frappez deux bouts de bois l'un contre l'autre, vous aurez le même son!
Je roule sur la nationale avec peu de trafic... oui l'autovia toute proche pardi!
En arrivant sur Lepe, je trouve que je rebondis... j'ai crevé! Est-ce encore possible, depuis Tours je n'avais pas crevé! L'Espagne me souhaite étrangement la bienvenue! Je répare au plus vite, et vais au bar le plus proche me laver les mains pleines de graisse, ça aurait été moins drôle si je n'avais pas graisser la chaîne la veille..! Je prends un café, au départ, ça s'est dégonflé... hmm tout déchargé, démonté, réparé, je n'ai plus le temps avant la nuit proche, je suis en pleine ville, plus le choix, je rebrousse chemin, j'avais aperçu un hôtel peu avant...
Je m'y installe, je répare alors que la nuit tombe, avec ma lampe frontale écrasant les moustiques de mes mains graisseuses! C'est la rustine qui avait mal pris, dans ma précipitation je l'ai mal installé! J'en mets une plus grosse et m'assure qu'elle tienne celle-ci!
J'ai bien mérité une douche!
| l'hôtel hacienda, olé! |
Boujoux!
Je vois que tu t'approches de mon ancienne région. J'ai une amie qui suivant le moment pourrait peut être t'héberger. C'est sur la Costa Del Sol (A coté de Marbella) A 40 km plus au Sud que Malaga sur la côte. Pour le velo ce n'est pas le meilleur endroit malgré tout :( Sinon, essaye de passer du coté de Tarifa (spot de kyte... donc du vent...) mais tu vois le Maroc en face, c'est impressionnant. Tu as le rocher de Gibraltar aussi "pas loin". Sinon Seville, c'est très beau et Cordoba aussi je crois. Grenade faut que tu y ailles. Dans les terres l’Andalousie est très belle. Sur la côte (Malaga...) Il y a beaucoup de béton donc c'est beaucoup moins beau. Ha oui, attention aussi, il y a des coins sur la côte qui grimpent pas mal ;)
RépondreSupprimerJe suis content de voir que tu t'éclates toujours autant !
RépondreSupprimerGarde cet état d'esprit, et profite a fond ;)
Merci coco d'être aussi actif, ça fait plaisir!
RépondreSupprimerGrégory, me voilà à Seville que je vais visiter ce soir! Pour la suite, j'ai prévu en effet de descendre plein Sud vers la pointe qui marque davantage mon voyage que des villes, je serais au Sud de l'Europe! Puis je remonte la côte et fais une insertion à Grenade.
Pour ton amie, si toutefois elle peut me recevoir une nuit, c'est avec plaisir, c'est ma route! Peut être voir par mail?
Boujoux bien!
Belle réflexion sur ton voyage, très jolie rencontre avec Carlos visiblement...
RépondreSupprimerC'est très touchant et toujours aussi interessant de te lire...
Je suis, tout comme Coco, vraiment content pour toi de voir que tu t'eclates a ce point...
Continue comme ca l'ami :)
A bientot sur le blog !
« Certes, un rêve de beignet, c’est un rêve, pas un beignet. Mais un rêve de voyage, c’est déjà un voyage. »
RépondreSupprimer... et tu nous fait rêver
Bravo... Décidément quelle tenacité... Bravo, ce voyage tu le fais aussi dans ton coeur et dans ta tête. Ce sont les rencontres que tu fais aujourd'hui qui participeront à l'homme que tu seras demain.
RépondreSupprimerBon vent
Mec !! tu me fais rêver, continue.
RépondreSupprimerTous ce qu'on souhaite c'est que tu veuilles pas rentrer car tu nous fais voyager.