mercredi 25 janvier 2012

retour éclair..!


Mardi 10 Janvier,
Roger part plutôt que prévu, il me réveille pour me saluer avant de partir travailler. Je me lève à la suite, prépare mes affaires et claque la porte. Je prends la route en ce début  de 4e mois d’aventures!
La sortie de Barcelone se passe bien mieux qu’à l’arrivée, je traverse la banlieue, longeant la côte et la voie de chemin de fer sur la N11 la grande partie de la journée.
Je bifurque vers le Nord pour prendre la direction de Girona, Roger m’a dit du bien de cette ville ! Je passe dans de petites collines et campe dans un bosquet à l’écart de la route. J’ai eu du ma à trouver, pourtant beaucoup de coins campables mais de charmantes dames, peu vêtues pour la saison patientent sur une chaise auprès d’eux, sans doute pour prendre le soleil.. ! Celui que j’ai déniché près de Montferrat est vierge de tout soupçons.. ! Il va faire froid dans la nuit, la température chute en même temps que le soleil. (79km)
Mercredi 11 Janvier ,
Le vallon est d’un froid sec, le soleil n’éclairant pas de bonnes heures certains coins. C’est bien couvert que je poursuis vers Girona au milieu de vignes.
J’y arrive à la mi-journée, casse la croûte dans le quartier commercial. Je me rends ensuite dans la vieille ville, très jolie, pavés, de petites rues. La cathédrale m’apparait au coin d’une de ces étroites rues, impressionnante !
aperçu des Pyrénées
La route après Girona est moins charmante, la N11 file en France sur Perpignan par une vallée. Elle est surchargée de camions, malgré la bande d’arrêt d’urgence présente, ça ne me plait pas. Je bifurque préférant rejoindre la côte pour passer la frontière.
Je m’arrête dans un champ d’herbes, au bord d’un chemin et itinéraire de Compostelle, je ne sais pas quelle est cette voie.  Je serais rentré et sorti par cette voie jacquaire. La France est à une poignée de kilomètres maintenant, étant à Marzà. J’ai hâte d’y reposer le pied, chaque passage de frontière est toujours excitant, marquant significativement l’avancée ! (87km)
Jeudi 12 Janvier,
Un gros brouillard au sortir de la tente, si dense que je n’avais pas aperçu le faisan à deux mètres de la tente, il a été aussi surpris,  je souris, lui s’envole.
Toujours d’étranges coïncidences, souvenez-vous mon départ de Saint Jean Pied de Port, la même purée de pois !
miam!
Je termine de rejoindre la côte en passant auprès d’un énième parc naturel. Je parviens à Portbou, dernière ville espagnole avant la frontière. Je croise de nouveau des voitures à l’immatriculation française, les frontaliers viennent abreuver leur véhicule. Les espagnols en profitent aussi, une station dans la montée à 100m de la frontière, les prix sont plus élevés mais reste intéressants pour les français ; quoi qu’avec le temps perdu et le trajet pour s’y rendre, j’émets des doutes !
Elle approche!
dernière vue de l'Espagne
revenu!
Lapinou jubile aussi!
Je déjeune dans la descente sur le sol français avant Cerbère. La première impression que j’ai est d’être gêné par le comportement des voitures à mon égard. Autant en Espagne, le réseau routier est moins dense, mais la bande d’arrêt d’urgence est souvent présente, et les automobilistes n’hésitent pas à effectuer des écarts et ralentir.
C’est tout l’inverse à mon retour, je suis frôler fréquemment, ça accélère pour me doubler plus vite, je peste, fais de grands signes, ça m’agace énormément !!
Je campe dans un bosquet avant Argelès sur mer, la température a chuté drastiquement avec le passage des Pyrénées, je suis encore une fois au pied du passage du train ! (57km)
Vendredi 13 Janvier,
La tente est dure comme un roc, complètement gelée ! Je n’ai pas froid saucissonné dans mon duvet ! Impossible de défaire les arceaux, pris dans la glace, je la déplace au premier rayon de soleil pour dégivrer tout ça !
Il fait froid, qui plus est avec le vent de Nord Ouest, me griffant le visage. Je parviens à Perpignan non sans mal, le vent y est coupé, il y fait bon à la mi journée.
Je visite rapidement tombe devant un choix : poursuivre sur le littoral vers Narbonne ou bien aller au Nord Ouest vers Carcassonne. J’opte pour la seconde idée, j’ai envie de visiter cette ville et sa cité médiévale. Je m’y dirige en suivant la route des vins, hips ! Ca grimpe pas mal, le vent souffle par intermittence, mais surtout de face.  Je prends de la hauteur et ne cesse de regarder les Pyrénées en fond de tableau sur ma gauche avec ses cols enneigés.
Je campe après le charmant village de Vingrau, après une montée sur un plateau dans une zone forestière. J’expose la tente plein Est pour demain matin. (71km)
Samedi 14 Janvier,
La mauvaise surprise du matin est une crevaison ! Je pars après ce contre-temps. Je déjeune à Tucham et poursuis dans la moyenne montagne.
Je passe plusieurs petits cols, ça a le mérite de me réchauffer. Il fait froid avec le vent toujours de face, c’est lui qui me refroidit ! Je ne pourrais pas atteindre Carcassonne ce soir comme je le pensais, je ne m’attendais pas à autant de montagnes russes !
Je campe avant le village de Rieux en Val sur une aire de repos.
Je suis frigorifié, j’ai du mal à réchauffer mes pieds,  c’est en les collant à la gamelle en mangeant que ça s’arrange !
Après Carcassonne, je file sur la côte échappé à ce froid! (52km)
Dimanche 15 Janvier,
Le soleil dégèle rapidement la tente mais aussi le vélo transformé en glaçon ! Je passe par le village et récupère une baguette ayant entendu le boulanger en voiture ! J’y déjeune sur un banc sous les yeux interrogateurs d’une vieille dame.
La route est bien plus simple désormais, j’arrive dans la plaine ou se situe Carcassonne, j’avale les kilomètres avec le vent dans le dos cette fois.
je suis un gens du voyage moi!
Je visite la cité médiévale, les remparts, le château. Je demande à l’office du tourisme si l’accueil des voyageurs est possible, on me répond que non. C’était pourtant l’une des  fonctions premières de ce château jamais assiégé. Je m'attendais à cette réponse, nous ne sommes plus au temps des Cathares... Désormais, c’est faire du fric…
Je me rends dans la ville de Carcassonne, petit centre ville, je croise un vieil homme, voyageur à vélo. Il baroude en France depuis plusieurs années attendant la retraite… Je n’aime pas son caractère à vrai dire, pas très optimiste, toujours à râler. Je le quitte et trouve un petit hôtel pour la nuit, ce soir je dors au chaud, j'avais remarqué un coin dans la cité médiévale au pied des remparts, mais non un peu osé tout de même !
Les hôtes sont adorables. Je prends possession de ma chambre, une longue douche brulante ! Je parle dans le salon avec le mari d’un peu tout, il m’indique le canal du midi et du Rhone, agréables pour rejoindre la côte, il va même jusqu’à Sète. J’en profite également télécharger les photos jusqu’à Carcassonne pour le blog, ça m’avancera ! (32km)


Lundi 16 Janvier,
Je quitte la ville après une bonne nuit. La grisaille est présente ce matin, je crains l’averse, les nuages étant inquiétants. Je rejoins le canal du Midi que je suis dans la matinée.

J’avais vu juste, ce phénomène météorologique dont j'ai échappé à son emprise depuis Lisbonne me goutte sur le visage; de la pluie! Cela reste acceptable, il ne tombe pas des cordes, et je suis couvert en partie par les arbres bordant le canal. Malgré tout, je retourne sur la route, le chemin devenant boueux, je n’avance pas, ça glisse et à vrai dire, le paysage est monotone sur le canal !
En revanche je prends davantage la pluie, je roule sans trop penser, tel un damné, pensant aux jours meilleurs. Après un arrêt dans un bar quand la pluie s’intensifie, j’en profite faire sécher mon short avec le séchoir des toilettes ! Je parle avec le jeune serveur fumant sa clope à l’extérieur, il me souhaite bien du courage !
Je poursuis toujours sous la pluie s’étant atténué, quelques rayons de soleil font leur apparition. Ainsi qu’au même titre au détour d’un croisement au milieu de nulle part ; Géraldine et Julien. Deux jeunes belges voyageant à vélo en Europe et au Maghreb. On discute en roulant, ils reviennent du Maroc et rejoignent Montpellier faire une halte pour repartir de plus belle sur la Tunisie.
Nous prenons tous les trois la direction de Béziers sur le canal du midi, la pluie ayant laissé place au ciel découvert.

Plusieurs pas d'écluses en arrivant à Béziers
Ayants un contact Couchsurfing, je me rends avec eux chez Amel, jeune maman, ne voyant pas de problème à accueillir un baroudeur supplémentaire ! Nous passons une charmante soirée à parler de nos voyages forcément  et de nos anecdotes ! La journée a bien mieux finie qu’elle n’avait commencé ! (89km)


Mardi 17 Janvier,
Nous nous levons tard, ayant veillés tardivement hier soir. Nous déjeunons avec Amel et la petite puis reprenons la route sous le soleil de mi journée. Nous arrivons à Bessans à une vingtaine de kilomètres.
nous cassons la croûte, parlons de la suite de nos voyages. Nos chemins se quittent ici, nous garderons contact évidemment, il n’est pas impossible que nos routes se rencontrent à nouveau dans un futur proche… !
Après les au revoir, je rejoins Agde et son cap.
je fais un tour dans la ville pour revenir légèrement sur mes pas ayant aperçu un bon endroit pour la nuit.
Cette rencontre donne du baume au cœur, on se dit qu’on est pas seul!! Je dors paisiblement aux côtés d'un golf! (42km)


Mercredi 18 Janvier,
Je file au matin vers Sète, ville entre autre de Georges Brassens, que j’écoute sur la route ! Je fais littéralement le tour de la ville pour trouver le bon cimetière pour me rendre sur sa tombe, sobre avec quelques mots de fans.
sur la corniche
port de Sète
Je poursuis vers Montpellier, je visite très peu malgré qu’elle me semble une belle ville, je vais être rattrapé par la nuit si je m’y attarde davantage.
Je suis en pleine Camargue, beaucoup de marais et de chevaux.
C’est dans le pâturage d’un de ces derniers que je pose la tente la nuit tombante après Mauguio ! Je ne sais pas si je le dérange ou s’il est dérangé, mais il se plait à galoper en pleine nuit, sacré galopin.. ! (94km)

Jeudi 19 Janvier,
Les glaçons pour l’apéro sont présents, je quitte le champ à paitre  dans le froid pour m’arrêter petit-déjeuner à Lansargues.
Charmants village et villageois. Je discute avec la famille tenant la boulangerie, ils sont intéressés par mon voyage. Je créée un petit bouchon, les clients patientant derrière. Je m’éclipse et pense à retourner donner le blog, mais je n’ai pas eu le temps de rentrer que monsieur ressort les bras chargés d’un appétissant beignet au chocolat et d’une fougasse, spécialité de la région ! Vraiment gentils et vraiment succulents ; le beignet n’aura pas tenu 5 kilomètres  et la fougasse le repas du midi !
J'arrive à présent dans les bouches du Rhône, suivant des pistes cyclables dans un parc national.
des vaches obéissant aux sifflements!

sèche comme un vieux crouton de pain!
Arles
Je passe par Arles puis monte sur Avignon.
toujours Arles
je m’arrête une dizaine de kilomètre avant dans un forêt de pins accessible par une voie de service. J’apprécie le conifère par rapport aux feuillus, parce que les épines sèches sont très confortables ! (104km)


Vendredi 20 Janvier,
Je visite Avignon dans la matinée ; cité entourée de murailles, en pleine restauration. Quant au fameux pont, impossible pour moi d’y danser, l’accès nécessitant de passer par un escalier en colimaçon dans l’une des tours .. !

Le pont d'Avignon se jetant dans l'eau
Je trace ensuite la route vers Aix en Provence avec le vent m’y poussant, le Mistral ne plaisante pas, je reçois des accélérations spontanées, de vraies détonations. Le pneu siffle sur la route à une vitesse folle, je parcoure plus de 50km en tout juste deux heures!
A vrai dire c’était relativement plat souvent près de la Durance. Ce n’est qu’en fin de journée que je monte un petit peu, jusqu’à atteindre une petit bois sur les hauteurs d’Aix à Rognes.
J’aperçois dans les derniers coups de pédale du jour les cimes des Alpes, j’ai l’impression d’avoir quitté les Pyrénées hier ! (93km)


Samedi 21 Janvier,
Les gens sont de sorties pour ce week-end, le mistral aussi, il a soufflé  la nuit, faisant chanter les arbres.
Je descends à Aix et revisite cette ville que j’ai connue en été, les rues piétonnes bondées. Je peux circuler en cette période hivernale tranquillement en vélo, passant devant a cathédrale et m’arrêtant sur la place de l’horloge. En été, terrasse de café, en hiver, marché ! j’achète des fruits ainsi que des bonbons au miel, les chaud-froid d’hier m’ont apporté un petit mal de gorge et du rhume, rien de dramatique, ça pédale aussi bien !

Je quitte Aix, et me dirige vers le Var, non pas vers la côte et Toulon mais par l’arrière pays, dans les immenses forêts de moyenne montagnes. Je passe d’abord par la vallée Vauvenargues, magnifique. Elle se clôture par un col de 600m, possédant deux terribles lacets, ça monte sur du 14% et dans les virages par l’intérieur j’ai gravit du 18%, bien sûr sur quelques mètres. Je reprends mon souffle et termine le col. La photo qui va bien, puis je remets ma veste pour la descente, le mistral soufflant très fort à cet endroit.


Après une belle descente, j’arrive sur du plat, la route prenant le Nord pour quelques kilomètres jusqu’à Rians. Affronté le Mistral soufflant du Nord Ouest est très déroutant sans jeu de mots ! Un souffle continu et des bourrasques violentes et courtes à la fois. Les premières me donnent des frissons tellement ça en est surprenant !
Je déjeune donc à Rians désorienté par le vent m’ayant sifflé dans les oreilles. Je me réchauffe au soleil sur un banc abrité.
La suite est  tout aussi splendide, le Var découvre ses paysages, et je suis dans une vallée, je descends tout doucement l’ascension du matin. Le Mistral quant à lui s’engouffre dans la vallée et me pousse désormais comme pour se faire pardonner.


Je m’arrête avant Draguignan après une très belle journée de 1400m de dénivelé et  de vélo tout simplement ! (104km)


Dimanche 22 Janvier,
Je pars un peu plus tard que d’habitude m’étant réveillé tard. En effet, réveillé à 1h, impossible de retrouver le sommeil, je pensais à la suite du voyage me tenant éveillé, je lis par la suite et retrouve les songes vers 4h30.
Et pourtant j’ai prévu une grande journée encore aujourd’hui, ce soir : Nice ! J’ai un contact sur place, Jacques, rencontré lors de mon séjour à Bordeaux !
Draguignan
Je suis dans une période de frénésie kilométrique,  je fais des grosses journées, mais j’ai l’envie de passer à la suite et en faisant de grandes et belles journées, j’ai l’impression réelle d’avancer.
Je poursuis et termine donc le Var que j’ai beaucoup aimé.  A la ville de Grasse, je prends plein Sud, une interminable descente jusqu’à la côte.
« - Cannes. 107e jour. 10h. »
 « -Déjà ?? »
 « Oui mais j’avance un peu. »
« Ah, d’accord ! »
Après cette parenthèse Nullistique, je parviens à Cannes, je fais fureur sur la croisette auprès des mamy et de leur caniche, bien plus que les bolides rutilants, se fondant dans le décor !
Je poursuis sur la côte, par des pistes cyclables, Antibes, puis Nice apparaît. Je rejoins Jacques habitant près du port, la nuit est déjà tombée. (126km)
côte nicoise
monument aux morts de Nice

Lundi 23 Janvier,
Jacques me reçoit comme un prince et me fait visiter le vieux Nice lundi, étant rester chez lui.
Je prépare également la suite du voyage, je peux vous la dévoiler désormais. Je ne vais pas en Italie, du moins pas tout de suite, je me rends sur l’île qu’on dit belle, la Corse. Je vais la traverser du Nord au Sud en partie par le centre puis la côte sud ouest.
Suite à ça, je poursuivrais sur la Sardaigne et la Sicile pour remonter l’Italie depuis le Sud. J’ai décidé cela parce que ça me plaît de rouler sur ces trois îles pour commencer! Puis je vais rejoindre plus rapidement de la chaleur.
Pour finir, je change aussi la suite de l’itinéraire, à l’heure actuelle, je n’irais pas en Grèce ni une partie des pays de l’Est. J’ai envie après l’Italie de passer en Autriche, à Vienne et rattraper plus ou moins mon itinéraire par la Slovaquie et la République Tchèque. Toujours en changement, rien n'avoir de fixe, c'est ce qui me plait dans ce voyage!
Je ne pense pas être déçu des semaines suivantes et de ces îles méditerranéennes!