Olé! Des nouvelles depuis mon arrivée en Espagne, je vous avais laissé à Lepe!
Jeudi 1er Décembre,
Je quitte l'hôtel, fait la pression des pneus dans un garage et je poursuis sur la nationale vers Huelva, où j'y déjeune
Je parle avec un cycliste s'étant arrêté, on parle alors que je termine de déjeuner, j'aurais de la chance d'avoir peu de vent aujourd'hui, pourtant il y en a et il me pousse vers Sevilla. Je prends sa direction, je traverse toujours de grands domaines d'orangers et d'oliviers, le paysage est très plat. Je m'arrête vers 16h prendre un café, en repartant je remarque que le paysage n'est pas le seul à être à plat, j'ai de nouveau crevé!! Le creveur est donc toujours présent, impossible de mettre la main dessus, ou alors de la malchance, dans les deux cas c'est pénible.
Je repars rapidement, refait la pression au garage d'à côté et me dépêche de trouver où dormir, la nuit tombe. Pas facile dans cette région agricole, je trouve mon bonheur en sortie de Villarrasa, un bâtiment à l'abandon en bord de route!
Je pose la tente à l'intérieur, sans piquet mais caler avec des briques et pierres trouvées sur place, avec le poids des bagages à l'intérieur, ça tient bien!! D'autant plus que de la pluie est prévue pour demain, si cela s'avère exact, je serais au sec! (74km)
Vendredi 2 Décembre,
J'ai bien dormi, un peu dur mais on s'y fait. Effectivement, il pleut ce matin, rien de terrible! La tente au sec, je range et c'est parti! j'essuie une averse mais la pluie s'arrête après un café chaud dès le milieu de matinée!
Le ciel bleu me rattrape, d'habitude je fuis la pluie, là je traîne! Il refait surface rapidement, les nuages me dépassent. C'est plaisant à voir!
Je déjeune peu avant Séville, je me renseigne auprès d'un charmant monsieur pour l'accès le plus facile en vélo. J'ai retenu la leçon depuis Lisbonne, les grandes villes sont souvent difficiles d'accès en vélo. On ne s'en rend pas compte en étant toujours en voiture!
Pour le cas de Séville, une route de service traverse une zone industrielle et amène rapidement dans le centre, je n'aurais pu espérer mieux!
Là voilà, avec en prime une piste cyclable. Quelques minutes après je me trouve dans Séville, je me rends dans le centre cherchant l'office du tourisme. Je sais qu'une voie de Compostella, la plata, passe par Séville, une auberge doit être présente!
Je récupère les infos ainsi qu'une belle carte de l'Andalousie avec les montagnes, super! c'est rare d'en trouver des aussi détaillées. Je me rends à l'auberge... je me rends compte que je n'avais pas précisé albergue de pelegrinos! Juste albergue! Je suis à l'auberge de jeunesse de la ville, tant pis, c'est chouette tout de même, j'y rencontre deux pèlerins à pied qui me diront plus tard que l'auberge du camino est fermée momentanément!
Je dépose les affaires et pars visiter à pied Séville, j'aurais pu prendre le vélo, la ville est très bien agencée pour, et puis c'est plat. Mais ça me change de marcher un peu! Je visite le coin touristique de la ville, très peuplé en soirée avec les illuminations de Noël et le marché de Noël. C'est étrange pour moi par ce climat si doux, le 20°C est de rigueur!
Je termine la soirée dans un bar diffusant la coupe Davis, Ferrer-Del Potro! Puis je me rentre à l'auberge pour une douce nuit. (66km)
Samedi 3 Décembre,
Je quitte Séville par des pistes cyclables, j'aurais apprécié cette ville en partie pour sa facilité à vélo! Le vent m'ayant porté jusqu'à Séville souffle désormais vers le Sud, je prends ce cap, pour aller tout au Sud de l'Europe, à Tarifa!
Passage devant le stade du FC Sevilla!
Je récupère rapidement des routes peu fréquentées où je file sur du plat avec vent de dos, assez fort, j'attends sans forcer le 35km/h!
Les paysages se dessinent au cours de la journée, je déjeune à Los Palacios y Villafranca, charmant! Les terres andalouses sont magnifiques, et les routes que j'emprunte sont très peu fréquentées, journée superbe! La suite en images...
Superbe même quand je suis encore crevé! Mais cette fois j'ai trouvé l'affreux caillou! J'en extraie même un deuxième, j'espère être tranquille un moment! Pas rigolo de réparer tous les jours! Il me faut d'ailleurs racheter des rustines, ma réserve s'est bien amenuisée..!
Je termine la journée près d'Arcos de la Frontera où je campe sur une voie de service d'une ferme, exploitation bovine. Alors que j'étire la tente, des exploitants sortent, s'arrêtent... je vais à leur rencontre et leur explique que je souhaite dormir juste pour une nuit, ça ne les dérange pas mais m'avertissent que le gérant de la ferme rentre en fin de journée et ne peuvent me dire sa réaction. Je décide de rester, je déplace juste la tente sous un arbre tombant bien fourni me cachant davantage.
Je peux remercier la couleur furtive de la tente, par 3 fois la voiture est passée en fin de soirée sans me voir avec les phares. Autant dire que je n'étais pas rassurer, la dernière me réveillant en sursaut vers 23h! (89km)
Dimanche 4 Décembre,
Pas besoin de préciser que je file tôt! La tente est sèche, protégée de la rosée par l'arbre mais pas des araignées qui ont élues domicile sur la "toile" de tente!! Grosse et orange, je les déplace délicatement mesdemoiselles!
Le soleil à peine lever je suis déjà sur la route, je prévois une grande journée, ce soir je suis à Tarifa!
Ce panneau ne m'étonne pas! Je ne compte plus à ce stade de la journée le nombre de motards du dimanche ou des groupes croisés sur la route! Pas étonnant, beau temps, enfin ici un dimanche ensoleillé, ce doit être tous les 7 jours! Routes superbes et peu de trafic, quelques lacets! Ca donne envie, la moto est l'une des choses qui me manque, mais ce n'est pas le principal!
J'approche de Tarifa, ma destination, ça m'étonne de voir des montagnes si proches du littoral... Ce sont bien des montagnes, proches du littoral, mais de l'autre côté, c'est le Maroc!
Les pro surfeurs en action à Tarifa, autre point extrême de l'Europe, j'y suis arrivé en cette fin de grande journée de vélo, plus de 120km! Au matin, j'ai réalisé qu'à ce jour, j'étais parti depuis exactement 2 mois, c'est une bien belle façon de marquer l'évènement! Je tiens à aller jusqu'à la pointe, je m'y arrête, les mains me tirent après cette journée d'effort, j'ai les traits tirés, je ressens de la fatigue mais ça en valait la peine!
Les drapeaux jamais en berne, les pneus chauds, les doigts pouvant encore se tendre après cette journée; 4 comme les proches 4000km qui vont tomber, ça m'en fait tourner la tête! Bien sûr, le Maroc derrière, si proche, c'est impressionnant, on aperçoit plus en hauteur la ville de Ceuta.
Je me demande à cet instant si c'est possible de traverser à la nage... hmm il doit y avoir de forts courants! J'ai beaucoup de questions existentielles comme celles-ci je vous en livrerait d'autres à l'occasion!
C'est déjà la fin de journée, je trouve un hôtel dans le centre, très festif, beaucoup de touristes; des surfeurs blonds aux lunettes de soleil ou des camping-car démesurés en partance pour le Maroc, des ferrys faisant la relation au départ de Tarifa. Bonne nuit! (123km)
Lundi 5 Décembre,
Je traîne au matin, j'avais besoin de repos après la nuit précédente assez stressante et la grande distance. J'hésite à trouver un camping rester une journée tranquille, mais malgré les jambes lourdes, je continue de rouler, c'est plus fort que moi, j'ai du mal à m'imposer des journées repos, on verra cela plus tard!
Cette fois, je quitte l'océan atlantique pour de bon, il cède sa place à la Méditerranée. Le vent me souffle de dos légèrement de côté parfois. Je grimpe fortement pour quitter Tarifa, j'arrive à un promontoire, photo s'impose sur ce que je quitte.
Je continue la route, ça roule beaucoup plus, j'aperçois le rocher de Gibraltar.
Je décide de contourner Algeciras ainsi que Gibraltar. Je ne suis pas déçu, je passe par de petites routes dans les collines.
Il est temps de trouver où dormir, pas facile en Andalousie et en Espagne en général. Tout est grillagé, le moindre terrain. Je passe San Roque, suis la voie de service longeant l'autoroute, pas très glamour. Je vois un panneau camping à Alcaidesa... Je vais voir; je demande le tarif, la réceptionniste comprenant à peine l'anglais, ça commence bien. Je la vois calculer sur son bout de papier et prendre sa calculette pour faire 10+5+3 ... = non merci!
Elle me regarde étonnée, 18€ la nuit de camping, c'est presque du vol!
Je m'en vais et campe à peine à 100m, sur une ancienne route laissée à l'abandon. Ce soir pas de tente, ce sera à la belle étoile! Je ne sais pas pourquoi, sans doute dans l'urgence, aussi je pense ma rencontre avec Carlos me l'a permis, comme celle avec William, dans les Landes qui m'avait encourager au camping sauvage!
Toutes ces rencontres forment mon voyage ça n'a que du bon! De plus, en campant ainsi, je suis protégé par la loi, c'est du bivouac, autorisé contrairement au camping sauvage. En trouvant un terrain sans indication de zone privée, je pourrais si je le souhaite rester 3 jours en France, 5 en Espagne et 7 au Portugal. Toujours d'après Carlos, des gendarmes lui ont appris tout cela au cours de ses voyages! Ça n'empêche pas d'être ennuyer par les riverains qui voit cela d'un mauvais oeil!
Ca ne paye pas de mine mais j'ai redisposé mes sacoches après et rabattu la bâche que j'ai tendu avec les tendeurs et les drapeaux, ça m'a fait un abri pour la nuit! (68km)
Mardi 6 Décembre,
J'ai bien dormi, presque trop chaud, j'ai retiré au fil de la nuit des vêtements pensant avoir froid! Ce n'est pas si désagréable et même plus rapide au matin sans avoir la tente à ranger. Je pars au lever u soleil vers la côte.
Je poursuis sur la voie de service, par une grande descente, les yeux m'en pleurent au matin, il fait encore frais, 12°C..! héhé
Je marque un arrêt à l'entrée d'Estepona, j'hésite... la ville est gardée à l'entrée et à la sortie, des rues à la Wisteria Lane (cf Desperate Housewives!), des gens pratiquant le golf, le tennis, des joggeurs hésitants... Vous l'aurez compris, je suis dans une ville de riches propriétaires! Ça me dégoute, pas qu'ils aient de l'argent, tant mieux pour eux, mais que ce soit autant jeter à la figure, je me sens mal à l'aise ici! Les jets et autres voiliers sont garés au pied des résidences...
Aucun charme, aucun commerce, je dois quitter cet endroit! Je passe par la plage, belle vue du rocher de Gibraltar!
Je le retrouve plus loin sur le littoral.
La suite n'est pas mieux, la côte méditerranéenne est surexploitée, des immeubles et hôtels partout. La seule nationale est transformée petit à petit en autoroute... Je me rends compte par le contraste en 2 jours de temps de l'absurdité de la société, ce n'est pas le seul exemple et je n'écris pas pour faire la moral écologiste ou autre, mais là c'est de l'abus. Le touristique poussé à l'extrême, je n'ose imaginer l'été, ce doit être ignoble!
Je dois quitter cet univers de béton au plus vite. Je termine la journée à Marbella, dans une zone d'herbes encore vierge d'immeubles et sans vis-à-vis, mais pour combien de temps?
Demain, je quitte le littoral pour prendre la direction d'Antequera au travers des montagnes! Ce ne peut pas être pire! (59km)
Mercredi 7 Décembre,
je range, pars à 9h, je passe par le centre ville de Marbella, je n'étais encore qu'en périphérie, pas facile d'accès, je dois faire un détour pour accéder à la ville sans emprunter l'autoroute je n'en reviens toujours pas, enfin... je fais des courses, je n'ai plus grandes provisions! Je passe par la plage, m'arrête en terrasse prendre un café. Je parle avec le serveur, il s'intéresse à ce que je fais, on sympathise, Marco, il est italien, on a beaucoup parlé de moi mais je présume qu'il a dû voyager, il parle beaucoup de langues. Il tient à m'offrir le café latte! Je regrette de ne pas lui avoir laisser le blog, j'aurais pu faire une photo avec lui, il avait un look terrible! La barbe à la viking mais les cheveux courts avec du gel!
On se quitte avec une poignée de main et m'invite à repasser à l'occasion! Je doute que je revienne dans cet enfer touristique!
Ça monte dur à la sortie de Marbella, pente à 9%, mais ça se calme ensuite vers Ojén, je suis dans la sierra de Las Nieves, magnifique!
Un nouveau promontoire, j'ai une vue superbe des alentours!
J'allais repartir mais il est midi passé, je n'avais pas fait attention à l'heure après cette montée. J'y déjeune en repensant au soleil me tapant dessus, les bras luisant de sueur! A cette vitesse je n'ai pas d'air pour me rafraîchir!
En repartant, le gps en plein soleil m'indique 27°C..!
Place à la descente, maintenant j'ai froid, le poil hérissé, je roule à une vitesse effroyable, je n'ai jamais été aussi vite en vélo, 71km/h, cramponné au guidon! Je roule depuis un moment avec le vélo, s'en est presque devenu un extension de mon corps, je sais comment il va réagir, je connais chaque changement de vitesse, j'ai pris de l'assurance dessus. Il me faut peu de temps à cette allure pour redescendre de l'autre versant à Coin... Un autre questionnement existentielle, j'imaginais une ville de canard, à faire coin-coin partout. Il m'en faut peu pour égayer mes journées, j'en rigolais, les voitures devant me trouver niais!
Je poursuis dans la vallée jusqu'à Alora où je dors ce soir dans un motel... Je me suis encore fait avoir, j'avais trouvé un endroit pour passer la nuit en sécurité mais il n'était encore que 15h, j'ai continué profiter encore du soleil qui se couche à 18h. J'arrive par la suite dans une nouvelle région d'orangers et d'oliviers. Je ne peux camper dans ces parcelles, grillagés et je ne m'y risquerais pas, des exploitants y sont en fin de journée, ils taillent d'ailleurs les oliviers...
Je décide en m'écoutant un peu de frapper à la porte de l’hôtel. J'estime en faire trop, mais ça fait partie du voyage, j'utilise déjà le moyen de locomotion le moins cher après la marche!
Je dois surtout veiller à ne pas me faire avoir par la tombée de la nuit, le terrain et savoir quand il est intelligent de m'arrêter!
Mais ça permet comme d'hab de prendre une bonne douche, lessive, blog, (champions league Ajax-Real!)
Je continue demain sur Antequera puis Granada d'ici 2-3 jours! Le sommeil vient à moi, bonne lecture! (73km)
A la prochaine pour la fin de l'Andalousie qui j'espère sera tout aussi passionnante!
PS: vous aurez remarqué la dimension supérieure de la plupart des photos, je pense plus agréable à visionner, il le faut juste redimensionner la bordure!
Jeudi 1er Décembre,
Je quitte l'hôtel, fait la pression des pneus dans un garage et je poursuis sur la nationale vers Huelva, où j'y déjeune
| Arrivée à Huelva |
Je repars rapidement, refait la pression au garage d'à côté et me dépêche de trouver où dormir, la nuit tombe. Pas facile dans cette région agricole, je trouve mon bonheur en sortie de Villarrasa, un bâtiment à l'abandon en bord de route!
Je pose la tente à l'intérieur, sans piquet mais caler avec des briques et pierres trouvées sur place, avec le poids des bagages à l'intérieur, ça tient bien!! D'autant plus que de la pluie est prévue pour demain, si cela s'avère exact, je serais au sec! (74km)
Vendredi 2 Décembre,
J'ai bien dormi, un peu dur mais on s'y fait. Effectivement, il pleut ce matin, rien de terrible! La tente au sec, je range et c'est parti! j'essuie une averse mais la pluie s'arrête après un café chaud dès le milieu de matinée!
Le ciel bleu me rattrape, d'habitude je fuis la pluie, là je traîne! Il refait surface rapidement, les nuages me dépassent. C'est plaisant à voir!
Je déjeune peu avant Séville, je me renseigne auprès d'un charmant monsieur pour l'accès le plus facile en vélo. J'ai retenu la leçon depuis Lisbonne, les grandes villes sont souvent difficiles d'accès en vélo. On ne s'en rend pas compte en étant toujours en voiture!
Pour le cas de Séville, une route de service traverse une zone industrielle et amène rapidement dans le centre, je n'aurais pu espérer mieux!
Là voilà, avec en prime une piste cyclable. Quelques minutes après je me trouve dans Séville, je me rends dans le centre cherchant l'office du tourisme. Je sais qu'une voie de Compostella, la plata, passe par Séville, une auberge doit être présente!
Je récupère les infos ainsi qu'une belle carte de l'Andalousie avec les montagnes, super! c'est rare d'en trouver des aussi détaillées. Je me rends à l'auberge... je me rends compte que je n'avais pas précisé albergue de pelegrinos! Juste albergue! Je suis à l'auberge de jeunesse de la ville, tant pis, c'est chouette tout de même, j'y rencontre deux pèlerins à pied qui me diront plus tard que l'auberge du camino est fermée momentanément!
Je dépose les affaires et pars visiter à pied Séville, j'aurais pu prendre le vélo, la ville est très bien agencée pour, et puis c'est plat. Mais ça me change de marcher un peu! Je visite le coin touristique de la ville, très peuplé en soirée avec les illuminations de Noël et le marché de Noël. C'est étrange pour moi par ce climat si doux, le 20°C est de rigueur!
| la cathédrale et son marché de Noël |
| articles de crèches! |
Samedi 3 Décembre,
Je quitte Séville par des pistes cyclables, j'aurais apprécié cette ville en partie pour sa facilité à vélo! Le vent m'ayant porté jusqu'à Séville souffle désormais vers le Sud, je prends ce cap, pour aller tout au Sud de l'Europe, à Tarifa!
Passage devant le stade du FC Sevilla!
| (2e drapeau, de l'Espagne évidemment!) |
| 1 olivier, 2, 3 .. fiou j'arrête! |
| ça souffle! |
Superbe même quand je suis encore crevé! Mais cette fois j'ai trouvé l'affreux caillou! J'en extraie même un deuxième, j'espère être tranquille un moment! Pas rigolo de réparer tous les jours! Il me faut d'ailleurs racheter des rustines, ma réserve s'est bien amenuisée..!
Je termine la journée près d'Arcos de la Frontera où je campe sur une voie de service d'une ferme, exploitation bovine. Alors que j'étire la tente, des exploitants sortent, s'arrêtent... je vais à leur rencontre et leur explique que je souhaite dormir juste pour une nuit, ça ne les dérange pas mais m'avertissent que le gérant de la ferme rentre en fin de journée et ne peuvent me dire sa réaction. Je décide de rester, je déplace juste la tente sous un arbre tombant bien fourni me cachant davantage.
Je peux remercier la couleur furtive de la tente, par 3 fois la voiture est passée en fin de soirée sans me voir avec les phares. Autant dire que je n'étais pas rassurer, la dernière me réveillant en sursaut vers 23h! (89km)
Dimanche 4 Décembre,
Pas besoin de préciser que je file tôt! La tente est sèche, protégée de la rosée par l'arbre mais pas des araignées qui ont élues domicile sur la "toile" de tente!! Grosse et orange, je les déplace délicatement mesdemoiselles!
Le soleil à peine lever je suis déjà sur la route, je prévois une grande journée, ce soir je suis à Tarifa!
| "et si c'était toi?" |
| la tienne est mieux Toto! ;) |
| voyez le billard, c'est roulant! |
| Pour les amoureux des éoliennes, ça doit bien exister! |
| j'avais remarqué, heureusement de dos!! |
| j'aime pas sa tête, elle ne m'apprécie pas j'ai l'impression! |
Les pro surfeurs en action à Tarifa, autre point extrême de l'Europe, j'y suis arrivé en cette fin de grande journée de vélo, plus de 120km! Au matin, j'ai réalisé qu'à ce jour, j'étais parti depuis exactement 2 mois, c'est une bien belle façon de marquer l'évènement! Je tiens à aller jusqu'à la pointe, je m'y arrête, les mains me tirent après cette journée d'effort, j'ai les traits tirés, je ressens de la fatigue mais ça en valait la peine!
Les drapeaux jamais en berne, les pneus chauds, les doigts pouvant encore se tendre après cette journée; 4 comme les proches 4000km qui vont tomber, ça m'en fait tourner la tête! Bien sûr, le Maroc derrière, si proche, c'est impressionnant, on aperçoit plus en hauteur la ville de Ceuta.
Je me demande à cet instant si c'est possible de traverser à la nage... hmm il doit y avoir de forts courants! J'ai beaucoup de questions existentielles comme celles-ci je vous en livrerait d'autres à l'occasion!
C'est déjà la fin de journée, je trouve un hôtel dans le centre, très festif, beaucoup de touristes; des surfeurs blonds aux lunettes de soleil ou des camping-car démesurés en partance pour le Maroc, des ferrys faisant la relation au départ de Tarifa. Bonne nuit! (123km)
Lundi 5 Décembre,
Je traîne au matin, j'avais besoin de repos après la nuit précédente assez stressante et la grande distance. J'hésite à trouver un camping rester une journée tranquille, mais malgré les jambes lourdes, je continue de rouler, c'est plus fort que moi, j'ai du mal à m'imposer des journées repos, on verra cela plus tard!
Cette fois, je quitte l'océan atlantique pour de bon, il cède sa place à la Méditerranée. Le vent me souffle de dos légèrement de côté parfois. Je grimpe fortement pour quitter Tarifa, j'arrive à un promontoire, photo s'impose sur ce que je quitte.
| Tarifa |
| moi en contre-jour, mon vélo, le Maroc! |
| sans moi, sans le vélo mais avec une vache! Elle a la belle vie! |
Je décide de contourner Algeciras ainsi que Gibraltar. Je ne suis pas déçu, je passe par de petites routes dans les collines.
Il est temps de trouver où dormir, pas facile en Andalousie et en Espagne en général. Tout est grillagé, le moindre terrain. Je passe San Roque, suis la voie de service longeant l'autoroute, pas très glamour. Je vois un panneau camping à Alcaidesa... Je vais voir; je demande le tarif, la réceptionniste comprenant à peine l'anglais, ça commence bien. Je la vois calculer sur son bout de papier et prendre sa calculette pour faire 10+5+3 ... = non merci!
Elle me regarde étonnée, 18€ la nuit de camping, c'est presque du vol!
Je m'en vais et campe à peine à 100m, sur une ancienne route laissée à l'abandon. Ce soir pas de tente, ce sera à la belle étoile! Je ne sais pas pourquoi, sans doute dans l'urgence, aussi je pense ma rencontre avec Carlos me l'a permis, comme celle avec William, dans les Landes qui m'avait encourager au camping sauvage!
Toutes ces rencontres forment mon voyage ça n'a que du bon! De plus, en campant ainsi, je suis protégé par la loi, c'est du bivouac, autorisé contrairement au camping sauvage. En trouvant un terrain sans indication de zone privée, je pourrais si je le souhaite rester 3 jours en France, 5 en Espagne et 7 au Portugal. Toujours d'après Carlos, des gendarmes lui ont appris tout cela au cours de ses voyages! Ça n'empêche pas d'être ennuyer par les riverains qui voit cela d'un mauvais oeil!
Ca ne paye pas de mine mais j'ai redisposé mes sacoches après et rabattu la bâche que j'ai tendu avec les tendeurs et les drapeaux, ça m'a fait un abri pour la nuit! (68km)
Mardi 6 Décembre,
J'ai bien dormi, presque trop chaud, j'ai retiré au fil de la nuit des vêtements pensant avoir froid! Ce n'est pas si désagréable et même plus rapide au matin sans avoir la tente à ranger. Je pars au lever u soleil vers la côte.
Je poursuis sur la voie de service, par une grande descente, les yeux m'en pleurent au matin, il fait encore frais, 12°C..! héhé
Je marque un arrêt à l'entrée d'Estepona, j'hésite... la ville est gardée à l'entrée et à la sortie, des rues à la Wisteria Lane (cf Desperate Housewives!), des gens pratiquant le golf, le tennis, des joggeurs hésitants... Vous l'aurez compris, je suis dans une ville de riches propriétaires! Ça me dégoute, pas qu'ils aient de l'argent, tant mieux pour eux, mais que ce soit autant jeter à la figure, je me sens mal à l'aise ici! Les jets et autres voiliers sont garés au pied des résidences...
Aucun charme, aucun commerce, je dois quitter cet endroit! Je passe par la plage, belle vue du rocher de Gibraltar!
Je le retrouve plus loin sur le littoral.
La suite n'est pas mieux, la côte méditerranéenne est surexploitée, des immeubles et hôtels partout. La seule nationale est transformée petit à petit en autoroute... Je me rends compte par le contraste en 2 jours de temps de l'absurdité de la société, ce n'est pas le seul exemple et je n'écris pas pour faire la moral écologiste ou autre, mais là c'est de l'abus. Le touristique poussé à l'extrême, je n'ose imaginer l'été, ce doit être ignoble!
Je dois quitter cet univers de béton au plus vite. Je termine la journée à Marbella, dans une zone d'herbes encore vierge d'immeubles et sans vis-à-vis, mais pour combien de temps?
Demain, je quitte le littoral pour prendre la direction d'Antequera au travers des montagnes! Ce ne peut pas être pire! (59km)
Mercredi 7 Décembre,
je range, pars à 9h, je passe par le centre ville de Marbella, je n'étais encore qu'en périphérie, pas facile d'accès, je dois faire un détour pour accéder à la ville sans emprunter l'autoroute je n'en reviens toujours pas, enfin... je fais des courses, je n'ai plus grandes provisions! Je passe par la plage, m'arrête en terrasse prendre un café. Je parle avec le serveur, il s'intéresse à ce que je fais, on sympathise, Marco, il est italien, on a beaucoup parlé de moi mais je présume qu'il a dû voyager, il parle beaucoup de langues. Il tient à m'offrir le café latte! Je regrette de ne pas lui avoir laisser le blog, j'aurais pu faire une photo avec lui, il avait un look terrible! La barbe à la viking mais les cheveux courts avec du gel!
On se quitte avec une poignée de main et m'invite à repasser à l'occasion! Je doute que je revienne dans cet enfer touristique!
Ça monte dur à la sortie de Marbella, pente à 9%, mais ça se calme ensuite vers Ojén, je suis dans la sierra de Las Nieves, magnifique!
| Marbella |
| Ojén |
J'allais repartir mais il est midi passé, je n'avais pas fait attention à l'heure après cette montée. J'y déjeune en repensant au soleil me tapant dessus, les bras luisant de sueur! A cette vitesse je n'ai pas d'air pour me rafraîchir!
En repartant, le gps en plein soleil m'indique 27°C..!
Place à la descente, maintenant j'ai froid, le poil hérissé, je roule à une vitesse effroyable, je n'ai jamais été aussi vite en vélo, 71km/h, cramponné au guidon! Je roule depuis un moment avec le vélo, s'en est presque devenu un extension de mon corps, je sais comment il va réagir, je connais chaque changement de vitesse, j'ai pris de l'assurance dessus. Il me faut peu de temps à cette allure pour redescendre de l'autre versant à Coin... Un autre questionnement existentielle, j'imaginais une ville de canard, à faire coin-coin partout. Il m'en faut peu pour égayer mes journées, j'en rigolais, les voitures devant me trouver niais!
| déjà terminé! Il y en aura d'autres! |
Je décide en m'écoutant un peu de frapper à la porte de l’hôtel. J'estime en faire trop, mais ça fait partie du voyage, j'utilise déjà le moyen de locomotion le moins cher après la marche!
Je dois surtout veiller à ne pas me faire avoir par la tombée de la nuit, le terrain et savoir quand il est intelligent de m'arrêter!
Mais ça permet comme d'hab de prendre une bonne douche, lessive, blog, (champions league Ajax-Real!)
Je continue demain sur Antequera puis Granada d'ici 2-3 jours! Le sommeil vient à moi, bonne lecture! (73km)
A la prochaine pour la fin de l'Andalousie qui j'espère sera tout aussi passionnante!
PS: vous aurez remarqué la dimension supérieure de la plupart des photos, je pense plus agréable à visionner, il le faut juste redimensionner la bordure!
Me dis pas que tu culpabilise de dormir dans des hotels de temps en temps quand même ! :D
RépondreSupprimerC'est normal d'avoir envie d'un peu plus de confort de temps en temps.
En tout cas tu roules bien c'est impressionant, je me moquais de Pierre quand il disait que tu pourrais etre vers Barcelone pour le nouvel an, mais finalement il était dans le vrai.... Garde le cap !
Bravo Matthias.
RépondreSupprimerTes photos sont superbes.
Petit conseil : Si tu as détesté la côte espagnole fait petit un détour par la corse lorsque tu vas te rapprocher.
Tu auras les mollets et la forme nécessaires pour affronter la montagne et tu auras la surprise de découvrir des paysages extraordinaires.
Nous profitons de ton voyage par procuration.
Encore Bravo
Dominique
T'aurai du faire péter la chambre et le champagne a Marbella quoi...!
RépondreSupprimerJ'ai bien aimé les photos de Gibraltar, et quand je te vois dormir en bivouac ca me rappelle les miens...! :D
T'as vu c'est pas pire qu'une tente, et c'est assez fonctionnel, on y gagne pas mal de temps sur l'installation... Apres s'il pleut, un toit est fort appréciable ! :)
Le séjour Andalous s'annonce tres interessant en tout cas !
Deja hate de lire ton prochain sujet copain :)
Bon courage, on pense a toi d'ici avec nos fébriles 5-6°C... On est loin de tes 27 !! Si ca continue je vais te rejoindre moi !!
Allez, Ciao Bisous copain !